Planter la rhubarbe au bon moment et réussir sa culture

La rhubarbe (Rheum barbarum) fait figure d’incontournable dans bon nombre de jardins. On la retrouve dans les tartes, les confitures, mais aussi dans des mets plus inattendus. Côté botanique, il s’agit d’un légume vivace, robuste et assez peu exigeant. Correctement installée, elle déploie sa vigueur pendant une décennie, parfois davantage. Pourtant, pour qu’elle garde toute sa vitalité, il s’avère judicieux de la déplacer au bout de quelques années.

Replanter la rhubarbe

À renouveler tous les sept ans

La rhubarbe pousse vite et puise sans relâche dans les réserves du sol. Au fil des saisons, elle en épuise les ressources. Pour garantir des récoltes généreuses, il vaut mieux changer son emplacement tous les sept à dix ans, selon la richesse de la terre. Passé ce délai, la plante a souvent doublé de taille et le sol a perdu de sa vigueur. Replanter la rhubarbe présente plusieurs intérêts :

  • on peut en profiter pour la multiplier
  • la touffe se régénère et retrouve sa vigueur
  • les récoltes restent abondantes d’année en année
  • la rotation des cultures permet à la terre de se refaire une santé

Un appauvrissement du sol se manifeste souvent par une récolte décevante : les tiges sont plus courtes, moins nombreuses. Avec une terre de jardin classique, on atteint la limite au bout de sept ans. À ce stade, il faut penser à déplacer la plante. Pour surveiller la santé du sol, il peut être utile de faire réaliser une analyse en laboratoire. Concrètement, il s’agit de prélever de la terre de différentes zones du jardin pour en déterminer la composition. Voici comment procéder :

  • Le prix d’une analyse démarre autour de 20 €
  • À renouveler tous les trois à cinq ans
  • Prélèvement à faire au début du printemps ou à l’automne après les récoltes
  • Prélever la terre sur 0 à 90 cm de profondeur, en plusieurs endroits
  • Mélanger les échantillons pour obtenir 500 g de terre à envoyer au laboratoire
  • L’analyse porte sur la composition, les nutriments, le pH
  • Des préconisations sur les apports d’engrais sont fournies en retour

Bon à savoir : La rhubarbe regorge de vitamines et de minéraux, tout en restant très peu calorique. Mais attention, on ne la consomme jamais crue ! L’acide oxalique qu’elle contient la rend toxique à haute dose lorsqu’elle n’est pas cuite.

Période idéale pour replanter

Le moment le plus favorable pour déplacer une rhubarbe reste l’automne, entre septembre et octobre. À cette époque, la terre garde encore la chaleur de l’été et la plante a le temps de s’installer avant l’hiver. La rhubarbe entre alors en dormance, disparaissant presque du parterre. On peut aussi envisager une transplantation au printemps, mais il faut agir rapidement, avant le redémarrage de la végétation.

Choisir le bon emplacement

Pour garantir une croissance vigoureuse et des récoltes abondantes, le nouvel emplacement doit répondre à plusieurs critères :

  • exposition au soleil ou à la mi-ombre
  • site abrité du vent
  • sol profond, riche, car la rhubarbe développe de longues racines
  • terre toujours fraîche, bien drainée
  • éviter les excès d’eau stagnante
  • mélange équilibré entre argile et sable
  • pH légèrement acide, idéalement entre 5 et 6

Il ne faut jamais réinstaller la rhubarbe là où elle a déjà poussé il y a moins de cinq ans : la terre n’a pas eu le temps de se reposer. Un coin trop ombragé donnera des tiges chétives, seules les feuilles pousseront démesurément, sans intérêt pour la récolte.

Astuce : On peut mesurer le pH du sol soi-même, sans compétence particulière. Il existe des kits de test en jardinerie ou des bandelettes qui changent de couleur selon le niveau d’acidité.

Diviser correctement la plante

Déterrer une souche de rhubarbe offre la possibilité de la multiplier facilement. Il suffit de la séparer en plusieurs portions, en suivant quelques règles simples :

  • Diviser de préférence lorsque les premières feuilles jaunissent
  • Séparer la souche à l’aide d’une bêche affûtée
  • Chaque morceau ne doit pas dépasser 1 kg
  • Veiller à ce que chaque éclat porte au moins un bourgeon (idéalement deux ou trois)
  • Les bourgeons doivent être encore en dormance
  • Laisser les surfaces coupées sécher à l’air libre avant replantation pour limiter les risques de pourriture

Si la division intervient trop tôt, la plante risque de manquer de réserves pour affronter le froid et s’installer correctement.

Transplanter la rhubarbe : étapes clés

La transplantation doit s’opérer avec soin, car la rhubarbe va rester longtemps à sa nouvelle place. Voici la marche à suivre pour réussir l’opération :

  • Commencer par ameublir le sol sur 70 cm de profondeur
  • Supprimer toutes les adventices
  • S’assurer que la terre est bien meuble
  • Préparer le trou de plantation avant d’arracher la plante
  • Sortir la rhubarbe de terre juste avant de l’installer pour éviter qu’elle ne sèche
  • Le trou doit faire au moins le double du volume de la racine
  • Incorporer du compost et des copeaux de corne dans le fond du trou
  • Prévoir un drainage avec des graviers ou des billes d’argile
  • Déterrer la souche sur une large zone
  • Éliminer les feuilles abîmées
  • Diviser en morceaux d’environ 1 kg si besoin
  • Laisser sécher les coupes avant plantation
  • Installer la rhubarbe, les bourgeons à 3 à 5 cm sous la surface
  • Reboucher et tasser la terre soigneusement
  • Arroser copieusement, puis régulièrement
  • Éviter toute stagnation d’eau
  • Déposer une couche épaisse de paillis ou de compost en surface

Prévoyez un mètre carré par pied de rhubarbe et respectez une distance de 1 à 1,5 m des autres vivaces.

Bon voisinage : La rhubarbe apprécie la proximité des épinards, pois, choux-raves, haricots ou laitues.

Patience la première année

Changer la rhubarbe de place la bouscule. Elle doit retrouver ses repères avant de produire. Il est donc conseillé de ne pas récolter l’année qui suit le repiquage, afin de la laisser s’installer pleinement. Attendez l’année suivante, en limitant la cueillette à quelques semaines entre avril et mai. Cette pause sera récompensée par une récolte d’autant plus généreuse ensuite.

Petit rappel : La période de récolte traditionnelle s’étend d’avril jusqu’à la Saint-Jean, le 24 juin. Après cette date, mieux vaut cesser toute cueillette : l’acide oxalique augmente alors dans les pétioles. À doses élevées, il peut provoquer vomissements, troubles digestifs, voire des atteintes rénales et circulatoires.

Au fil du temps, la rhubarbe s’ancre, grandit, traverse les saisons sans faiblir. Bien conduite, elle offre ses tiges charnues des années durant, promesse d’une tarte acidulée ou d’une compote parfumée, tout simplement.

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